« Et la chair est triste »
par Olivier Steiner | 21 mai 2012
JOURNAL EN RUINES, Noël Herpe :
« 19 juillet.
Nuit sinistre, où après mon retour de Rome et d’une nuit d’anniversaire juvénile, je vais m’exhiber en tenue de pute dans le bar habituel… A force de provoquer un garçon ivre, je recueille une gifle qui me laisse écroulé par terre, avec le nez en sang et un oeil au beurre noir. Je rentre chez moi je ne sais comment, et le lendemain matin il me faut reconstituer tout cela comme je rechercherais les traces d’un rêve : c’est comme un puits sans fond où je suis tombé sans m’en apercevoir, comme si tout cela était arrivé à un autre dont les faits et gestes m’échappent – et pourtant c’est bien moi qui ai décidé de boire, qui ai voulu cette mise en scène orgueilleuse… Au coeur de ces dérives, il y a toujours une volonté de puissance qui ne sait pas s’arrêter, qui préfère aller au désastre plutôt que courir le risque d’un instant de dépossession. »



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