David Kammenos

22 décembre 2011

« Quelqu’un qui vomit, on le tient tendrement. »

Marguerite Duras

Barbarie

22 décembre 2011

(…)

« Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
nous te buvons à midi la mort est un maître d’Allemagne
nous te buvons le soir et le matin nous buvons et buvons
la mort est un maître d’Allemagne son œil est bleu
il te touche d’une balle de plomb il te frappe juste
un homme habite dans la maison tes cheveux d’or Marguerite
il lance ses grands chiens sur nous il nous offre une tombe dans l´air
il joue avec les serpents et rêve la mort est un maître d’Allemagne

tes cheveux d’or Marguerite
tes cheveux de cendre Sulamith »

LA FUGUE DE LA MORT

PAUL CELAN

Champagne

22 décembre 2011

Zopiclone

22 décembre 2011

Les belles heures

22 décembre 2011

Un monde meurt

21 décembre 2011

C’est peut-être ça la jeunesse, croire que les choses sont inséparables

21 décembre 2011

Forever Guillaume

20 décembre 2011

« On l’a rencontré au Queen, assez tard, à l’heure où il n’y a pratiquement plus que les enragés.

Un peu chauve. Un mètre quatre-vingt-cinq, quatre-vingts kilos. Hyper bien foutu.

Un sourire perpétuel à base de dents blanches et régulières. Suffisamment jeune. Belle gueule.

Visiblement explosé à un truc de très bonne qualité. D’abord on s’est regardés.

Puis j’ai dansé en me collant à Stéphane pour l’exciter. Il s’est aggloméré.

On s’est donnés en spectacle sur la piste, en faisant semblant de tous se baiser. Ça l’a fait gonfler.

J’ai senti qu’il y avait la quantité. Après on s’est décollés. On a échangé trois mots dans le vacarme de la musique.

J’ai envoyé Stéphane nous chercher à boire. Je lui ai dit Putain j’ai super envie de te pomper. Il a dit Pas de problème. Il m’a entraîné vers les chiottes. Je me suis dit C’est cool il sait ce qu’il veut.

J’ai suivi sans résistance. Aux chiottes ça bloquait, il y avait la queue pour entrer. J’ai dit Bon on fait quoi. Il m’a emmené dans l’angle mort juste à côté de l’entrée. Il a tourné le dos à la piste. Je me suis laissé glisser à genoux par terre. Il a sorti sa super belle bite et je l’ai prise dans la gueule en me branlant pendant cinq minutes. C’était cool.

Après j’ai dit Bon il y a mon mec qui nous attend il faut qu’on y aille ok? Il a dit Ok. Stéphane attendait au bar avec les verres, toujours très cool comme d’habitude.

On s’est assez rapidement mis d’accord sur la marche à suivre. D’abord on passe chez lui prendre une nouvelle drogue américaine que je ne connais pas et qui est paraît-il super pour baiser, et après on va à la maison puisque chez nous il y a du matos et pas chez lui.

Je suis déjà à peu près persuadé que ça va être une galère à cause de ce dernier détail, mais il est tellement canon que je ne peux pas imaginer une seule seconde de ne pas me le faire alors que c’est possible.

Chez lui c’est top. Appart style loft. Télé et baffles dans les chiottes. Meubles classe. Une enveloppe adressée par une chaîne de télé traîne sur le plan américain extra-large de la cuisine. Il met de la trance très fort. Le son est super. On goûte sa poudre.

Au bout de dix minutes on est ultra explosés. Il faudrait filmer. On se dessape. Il est sublime. Super bite, très large et longue, grosses couilles pleines de peau. Je le suce. Je lui bouffe les couilles. Il me claque le dos, le cul.

Il joue au macho. Ça me plaît. Il fait Tu es une vraie salope, toi, une vraie. Tu me fais bander. Je vérifie.

Il exagère.

Je suis sûr qu’il ne va pas me sauter mais tant pis. Aux chiottes il y avait une vieille boîte de prophyltex pleine, et prophyltex c’est beaucoup trop serré pour une queue comme la sienne, s’il s’en servait régulièrement dans un cul il aurait des manix large.

Ce qu’il y a de bizarre aussi c’est une paire d’escarpins très classe par terre à côté du miroir dans sa chambre. Mais c’est la seule trace de femme dans l’appart. Il est peut-être bi ce con prétentieux. Il me regarde dans les yeux. Je le regarde pareil.

On sourit.

Il me dit Me regarde pas comme ça, sinon je vais t’épouser. Je lui dis C’est pas de ma faute, c’est comme ça. Il fait Wow wow wow! en tapant dans ses mains pendant que je claque le cul du chouchou pour mettre une ambiance un peu plus sexe. Et puis le chouchou est trop stone et s’endort sur le parquet son fute en cuir aux chevilles.

C’est sûr que ce Serge me plaît, c’est comme si j’étais amoureux. Le problème c’est qu’évidemment il ne me baise pas. Juste un coup de queue ou deux, sans capote, comme ça, dans la cuisine aux fenêtres ouvertes, après avoir cassé l’antenne de son téléphone en essayant de me la mettre dans le cul.

Visiblement ce mec n’a pas l’habitude de baiser. Il est vrai qu’on ne peut pas tout faire dans la vie.

Il me dit plusieurs fois qu’il est désolé qu’il est trop stone. Je lui dis C’est pas grave.

Il s’endort sur le canapé pendant que je le suce. La chaîne joue de l’opéra maintenant, ça doit être ce qu’il écoute d’habitude. Je reste seul, je vais dans sa chambre, je mate les quelques livres, une méthode pour avoir un corps parfait et comment l’entretenir sous la table de chevet, les k7 vidéo sous la télé en face du lit, pas de pornos ou alors ils sont bien cachés, une commode de slips, caleçons, chaussettes, foulards.

Tout est parfait. Les slips sont parfaits. Les caleçons sont parfaits. Les chaussettes sont parfaites. J’essaye un slip bleu pas mal, puis un jock-strap, j’avais presque le même, pas bien, puis un vieux nikos hyper bien coupé qui me va super bien. Je le mets dans mon blouson, puis je cherche un contenant pour la poudre. Je trouve une boîte de pellicules vide sur son bureau.

Je prélève mon petit cadeau. Je bouffe une tranche de pain de son. Il n’y a rien d’autre dans le frigo. L’opéra tourne toujours. Je réveille Stéphane. Ça va ? Il est ok. Je laisse un mot pour le beau Serge, avec notre numéro de téléphone. Dehors il fait beau. Je mets mes lunettes de soleil. Les rues s’animent déjà. On rentre. Stéphane conduit. Parking. Pains au chocolat. Croissants. Le fils du boulanger est toujours notre fan.

C’est bon de rentrer à la maison. Alors on fume un pétard. Et je baise Stéphane.

Il appelle vers sept, huit heures du soir. Allo, c’est Sergio man. C’est comme ça que je l’avais appelé dans le mot. Il va à un dîner mais on peut se retrouver plus tard. Il est bizarre. Il dit Je rappelle à minuit. Bon c’est normal, à trois c’est toujours un peu compliqué. Pour une fois qu’il y a quelqu’un qui m’intéresse.

Qui m’impressionne. Le salaud. Je suis sûr qu’il ne va même pas rappeler.

Il rappelle, mais à une heure et demie. Ça s’annonce mal. Il s’excuse. J’abrège. Son dîner n’est pas fini, est-ce qu’on peut se retrouver à trois heures aux Folies, en fait non plutôt à trois heures et demie ? Je dis Ok. Je raccroche.

Je dis à Stéphane Bon j’ai trop envie de baiser juste une fois pour de vrai avec lui.

Il faut que j’y aille. Stéphane dit que ça n’est pas un problème. »

DANS MA CHAMBRE

Guillaume Dustan

Un ange sur mon lit

20 décembre 2011

Pour Pierre Desproges

19 décembre 2011