Barbie is melancholic

16 novembre 2011

Michael Galasso, un enfant grand

16 novembre 2011

Elle n’a pas plus de début que de fin, elle est de toutes les époques, illimitée, insaisissable, c’est ce qui me frappe à la première écoute. Je vois le ricochet d’un galet à la surface d’un étang très lisse. J’observe les plis sur l’eau, comment ils se propagent, en cercles concentriques de moins en moins nets, de plus en plus silencieux, à l’infini. Etait-ce cela que Michael traduisait ? Qui peut vraiment dire ce qui est de l’ordre du mystère et du miracle ? La seule façon de rendre à Michael ce qui lui revient c’est de se taire et de l’écouter, lui à l’intérieur du violon. Lui tournant sur sur lui-même, les yeux fermés, il paraît que ses sourcils se soulevaient et redescendaient, comme des phrases, une respiration, la marée.

Comme a pu le dire John Cage : « Ecrire sur la musique c’est comme danser sur l’architecture », ça ne veut rien dire, ça ne prête pas à conséquence. J’ai connu Michael, trop peu mais nous avons eu le temps de nous regarder droit dans les yeux. Quelque chose m’avait frappé. J’ai cru voir de la bonté. Après réflexion je me suis dit que ce n’était pas ça. J’ai cru voir de l’humilité. Après réflexion je me suis dit que ce n’était pas ça. J’ai cru voir de la modestie. Après réflexion je me suis dit que ce n’était pas ça. Qu’est-ce que c’était, alors ? L’enfant. Je crois que Michael n’avait jamais quitté l’enfant. Je parle d’une qualité d’enfance qui n’a rien de puéril. Qui est faite de fierté et de présence, d’une certaine hauteur aussi. Les enfants sont supérieurs. Ils le savent. C’est pour ça qu’ils jouent autant. Michael jouait. Comme un grand enfant, un enfant grand. Les enfants ne sont pas tout à fait de ce monde.

A la fin de sa vie Michael confiait à se belle-fille Margherita qu’il lui arrivait d’entendre le son de la boue Primordiale. Primordial mud, avait-il dit. Certaines images produisent un jaillissement de vérité. La musique de Michael Galasso a été faite pour supporter le vide de l’univers, le balancement des lunes, l’ondulation des astres, la fixité des étoiles, l’errance des planètes, leur rotation imperturbable dans l’espace.

Un amour éternel et banal

15 novembre 2011

Psycho Killers

7 novembre 2011

Lola Valérie Stein

7 novembre 2011

LOLA VALERIE STEIN by steinerolive

Love at first sight

7 novembre 2011

Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient naturelles quand elle était loin des regards des hommes, Mme de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin, quand elle aperçut près de la porte d’entrée la figure d’un jeune paysan presque encore enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste fort propre de ratine violette.
Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l’esprit un peu romanesque de Mme de Rênal eut d’abord l’idée que ce pouvait être une jeune fille deguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. Elle eut pitié de cette pauvre créature, arrêtée à la porte d’entrée, et qui évidemment n’osait pas lever la main jusqu’à la sonnette. Mme de Rênal s’approcha, distraite un instant de l’amer chagrin que lui donnait l’arrivée du précepteur. Julien tourné vers la porte, ne la voyait pas s’avancer. Il tressaillit quand une voix douce lui dit tout près de l’oreille : – Que voulez-vous ici, mon enfant ?
Julien se tourna vivement, et frappé du regard si rempli de grâce de Mme de Rênal, il oublia une partie de sa timidité. Bientôt, étonné de sa beauté, il oublia tout, même ce qu’il venait faire. Mme de Rénal avait répété sa question.
– Je viens pour être précepteur, madame, lui dit-il enfin, tout honteux de ses larmes qu’il essuyait de son mieux.
Mme de Rênal resta interdite; ils étaient fort près l’un de l’autre à se regarder. Julien n’avait jamais vu un être aussi bien vêtu et surtout une femme avec un teint si éblouissant, lui parler d’un air doux. Mme de Rênal regardait les grosses larmes, qui s’étaient arrêtées sur les joues si pâles d’abord et maintenant si roses de ce jeune paysan. Bientôt elle se mit à rire, avec toute la gaieté folle d’une jeune fille ; elle se moquait d’elle-même et ne pouvait se figurer tout son bonheur. Quoi, c’était là ce précepteur qu’elle s’était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants !
– Quoi, monsieur, lui dit-elle enfin, vous savez le latin ?

Love is like a butterfly

7 novembre 2011

Il sanglotait comme un enfant, cut.

7 novembre 2011

« Frère Animal »

3 novembre 2011

Pour Alexis

3 novembre 2011