Ni toi ni moi

30 octobre 2011

Dimanche gris. Un des gris les plus gris que j’ai pu connaître jusqu’ici. Je me sens péremptoire, rien ne pourra me réguler ou me stabiliser. Je ne me plains pas. G. mange un peu de fromage, ne dit pas un mot, comme d’hab, les yeux fermés, mains recroquevillées, maladie neurodégénérative, dit-on. Il écoute Mozart et moi aussi. Je réponds à mes mails, sms, je décline certaines propositions. Demain ça ira mieux, ça s’en va et ça revient, c’est fait de tous petits riens, comme une chanson populaire. Je pense à elle. Je lui propose de passer pour un thé, si elle va mieux depuis l’autre jour. Elle me répond : je peux t’appeler sur un fixe ? Je refuse. I don’t want to be Marilyn Monroe. Je ne veux pas du silence après avoir raccroché. Suis courageux mais pas téméraire. Je ne veux pas parler sans voir les yeux. C’est pourtant facile à comprendre. J’ai un peu la nausée. Je dois être malade. Des enfants jouent et crient dans l’appartement du dessus. Ils ne savent pas leur bonheur, c’est le propre des enfants. Demain je vais faire un dîner. Mrs Dalloway. I will buy the flowers myself. I will prepare a dinner to cover the silence. Des lasagnes de poisson. Ce sera bon et tout le monde sera bien. Du temps passe, du temps épais et flasque. Fumée de cigarette : le cliché est total. P. est à Séville. N. s’ennuie chez lui. A. est au Liban. T. sûrement devant un dvd avec sa fille. L. chez elle avec ses problèmes que je ne sous-estime pas. G. avec son petit bébé qui vient de naître. Etc. Etc. Je décide de faire une nouvelle machine, j’étends la précédente. Odeur du propre dans la maison. Un peu de ménage, passer l’aspirateur peut-être, raconter ma life sur facebook pourquoi pas, ce serait tellement vain. Avec le temps va, tout s’en va. Avec le temps, va, tout va bien. On oublie les passions et on oublie les voix. LOL. Je tombe sur un livre. C’est un livre que j’ai déjà lu, il y a longtemps. Je regarde la quatrième de couv puis la note de l’auteur. Et les trois premières phrases : « Intérieur nuit. Un appartement, une fête. Du bruit, du monde. » C’est parfait. Parfait pour ce que j’ai. Je viens de trouver un livre dans lequel la parola amore esiste. Dimanche Camille Laurens. OS

Le rêve de Zoé

29 octobre 2011

(…) Enfin il y a quelques temps j’ai fait un rêve magnifique, un des mes rêves de maisons. Je rêve souvent que je suis dans une maison, généralement je découvre subitement que je viens de l’acheter, mais je le découvre à mesure. Quand ça ne va pas, je découvre que j’ai fait une erreur terrible en mettant tout mon argent dans une maison mal fichue, par exemple une fois elle était en fait dans le wagon d’un train qui ne cessait de circuler et je ne savais jamais où j’allais être en ouvrant la porte pour sortir de chez moi. Cette fois-ci c’était dans une belle ville, probablement Paris, je venais d’hériter d’un appartement dans un immeuble soi-disant du XVIIIe, tout en pierres, et c’était l’appart parfait, lumineux, très belle vue sur les toits, au début tout petit, mais plus j’avançais plus je découvrais des pièces, toutes mieux les unes que les autres, y compris une petite cour privative (ça ne m’a pas choquée que l’appart ait à la fois une cour et une vue sur les toits!). Et je savais que l’endroit m’appartenait, mais que tu habitais là. Je ne te voyais pas, mais je voyais comment tu l’avais meublé et décoré, et c’était superbe, un peu surchargé avec plein d’objets anciens, mais tout était exquis, très calme, reposant, vraiment beau. Et je me disais que j’étais contente que tu habites là. Voilà.

Slow light in the distance

28 octobre 2011

Ce qui rend Géant empêche de voler davantage

28 octobre 2011

Latium

28 octobre 2011

Hope

28 octobre 2011

Embrasement collectif

28 octobre 2011

Le monde nous avait oublié là, nous autres, entre la rive et l’eau.

28 octobre 2011

Marilyn Monroe

28 octobre 2011

Très portrait

28 octobre 2011