Bellini
22 septembre 2011
13 septembre 2011
« Un matin, au Café Moment – l’endroit n’était ni bondé ni vraiment désert non plus -, une femme de petite taille, corpulente, vêtue d’un lourd manteau était entrée, un bébé emmitouflé dans une couverture blotti contre son épaule. Elle n’était pas très jeune – dans les quarante-cinq ans -, ce qui éveilla immédiatement les soupçons. « Ce n’est pas un bébé ! » Les murmures s’élevèrent dans l’affolement général. Tout le monde bondit sur ses pieds avec un grand fracas de chaises renversées, d’assiettes et de verres brisées, et chacun se précipita vers la sortie. Effarée, la femme au manteau observa la scène sans comprendre qu’elle en était la cause. Elle choisit une table installa le bébé sur ses genoux. Incapable de bouger, fascinée, Ora la regarda défaire la couverture, déboutonner un petit manteau violet et sourire en gazouillant à la petite bouille toute ronde et somnolente qui pointa le bout de son nez ».
David Grossman, Editions du Seuil
11 septembre 2011
J’étais dans le RER pour Villepinte. Je me souviens que j’avais chaud dans mon costume cravate. A l’époque je travaillais pour Esteban, une boite d’encens japonais et autres parfums pour la maison. A Villepinte comme chaque mois de septembre c’était le salon Maison & Objet. 2001 était un bon cru, il y avait beaucoup de commandes. Dans le RER j’écoutais les Cocteau Twins, Song to the Siren sûrement. Ma voisine en face était au téléphone, la mine de plus en plus catastrophée. Je me suis imaginé que son mec la plaquait ou qu’elle apprenait la mort d’un proche. Puis j’ai remarqué que d’autres personnes étaient accrochées à leurs portables, le visage tout aussi horrifié. J’ai enlevé mes écouteurs. Il y avait quelques américains dans le wagon, un lourd silence était coupé par des « oh my God, oh my God, no, no… » Je ne comprenais rien. Une femme pleurait. Tout le monde tapait des sms. Nous sommes arrivés à Villepinte. Les gens couraient vers le salon. Je suis arrivé sur mon stand, vide, il n’y avait que mes collègues. On parlait de fermer, lever le camp. Une collègue m’a dit : « c’est la troisième guerre mondiale ». C’est quoi cette blaque ? Elle était livide et moi je ne comprenais toujours rien. Quelque chose venait de s’effondrer et je ne comprenais pas parce que je n’avais rien vu. OLIVIER STEINER
J’étais en train de faire ma valise pour partir à Alep. Je suis partie le 13, l’avion était quasi vide. FRANçOISE CLOAREC
A l’époque, j’étais encore prof de philo. Je rentrais chez moi, après mes cours. 30 km de route. Un vrai sas pour moi, pour décompresser. A un moment, je mets en marche l’autoradio. Toujours branchée sur Radio-Classique. Et là, je ne comprends pas. On parle d’une deuxième tour qui vient de s’effondrer… Dans le magma des interventions, je peine à retrouver un fil… Je zappe vers France Info puis Inter puis Europe… Là aussi, des gens qui parlent de catastrophe, qui s’interrompent pour des directs tellement surréalistes que je ne sais toujours pas ce qui se passe… J’éteins pour reprendre mes esprits. Arrivé chez moi, je me sers avant toute chose un grand whisky parce que je pressens que ça va être fort. J’allume la télé. Et là je suis submergé par les images qui se répètent. Des avions qui s’encastrent sans fin dans les twin towers. La chute en boucle des deux tours. Pas de sentiment sur le moment ; pas d’émotion. Juste la sensation d’un vide croissant dans le crâne et dans les entrailles… Sortie de l’hébétude vers minuit, le verre de whisky toujours plein. Un ami qui m’appelle pour le rejoindre : un groupe de prière oecuménique organise une veillée. Je décline son invitation : cette nuit je Lui cause face à Face, seul à Seul. Quid sum miser tunc dicturus ? Quem patronum rogaturus, cum vix justus sit securus ? OLIVIER T. VON SKOLDUNGERN
Je chiais. THOMAS SCIMECA
J’étais en train de bosser. Un collègue m’a appelé sur mon portable, d’un air halluciné pour m’annoncer ce qui se passait, et pour que je le rejoigne chez lui : nous avons passé tout le reste de l’après-midi devant sa télé… YANN ELVIN
J’étais chez un notaire ou un avocat (je ne sais plus exactement) rue de rivoli. Genre de job où on entasse secrétaires, dossiers et matériel dans l’ancienne cuisine sur cour pour s’installer, soi, un bureau de ministre dans le grand salon sur rue. Quand je suis sorti, en passant devant « l’ancienne cuisine bureau des secrétaires salle informatique », elles faisaient bloc autour d’une mini télé. Une d’elles a dû m’expliquer, très vite, pour ne pas perdre une miette de l’édition spéciale. J’ai jeté un oeil et me suis dit « Peut-être qu’elles aimeraient qu’un avion, un petit (de tourisme) explose le bureau de leur boss… ». Boom! Après, je suis rentré et comme tout le monde j’ai regardé les images en boucle jusqu’à pas d’heure. XAVIER LUCIANI
Je sortais du Lycée en classe de seconde je crois. ARTHUR DREYFUS
J’étais sur mon lit, j’achevais de lire Glamorama de BEE. Je suis entré dans le salon, j’ai allumé la TV et j’ai vu cette image en boucle… C’était bizarre juste après Glamorama… PASCAL FERRANT
Je ne me souviens que d’avoir été héberlué et comme tétanisé par le spectacle de ces tours qui tombaient… C’était dans un endroit public et les gens n’arrivaient à réagir.. tellement ça dépassait toute imagination, toute proportion… PHILIPPE HOURCADE
Je ne me rappelle pas l’après. L’après nouvelle, comment j’ai vécu la suite de la journée. Mais je l’apprends dans le bus (le 74 ?), en bas de la rue Montmartre, mon ami Harold Manning me téléphone. Avant que les tours ne s’effondrent. Il m’apprend que 7 (je crois bien qu’alors il y en avait 7) avions sont détournés au USA. Ensuite. Plus rien. ARNOLD PASQUIER
Je fais parti de ceux qui n’ont pas compris pourquoi à la place de mes dessins animés, après l’école, on nous montrais des gens crier, pleurer, en sang, sauter d’une tour, … Ce fut un peu traumatisant… GISLAIN MARILLEAUD
Avec mes élèves de treize ans, à Chicago. Mon mari musulman non-pratiquant n’est pas allé au travail. Il a passé la journée chez nous, en regardant la télé. Il a pleuré. Il a compris ce qui allait se produire après la période de solidarité et d’entraide : un nationalisme virulent et un racisme contre les musulmans. Et il avait raison. VICKY SCHNEIDER
Je suis sur la terrasse, au soleil. Comme il y a du Mistral, le palmier s’agite un peu et je n’ai pas entendu Tom rentrer de chez l’orthophoniste. Il va mieux mais il peine encore à trouver ses mots. À cause du mistral, on ne sent pas la chaleur. Je mets le peignoir d’éponge blanche et descends à la cuisine. J’entends la télévision qui ronronne et cela m’énerve : je pense que Tom la regarde beaucoup trop ; il se réfugie dans l’insipidité du flux des séries américaines pour tuer un temps qui lui pèse. La voix cassée, faible, de Tom m’appelle, mais je ne veux pas le rejoindre car je sais que je vais encore lui reprocher de ne rien faire. Il insiste. Depuis son attaque, il parle très difficilement, dans un vocabulaire chaotique et je m’y suis habitué. J’ai rejoint le salon. Je le vois, figé devant l’énorme téléviseur, comme d’habitude. J’ai de la peine. Comment invente-t-il des positions si inconfortables ? D’un mouvement de tête, il désigne l’écran 16/9éme et je finis par obtempérer. Alors vient la stupeur. L’avion, la tour, crash jumelé en stéréophonie décalée, comme inexorable. La stupeur n’est pas l’effroi. Elle me désarme, me terrasse d’hébétude. Ce n’est pas l’image en elle-même qui neutralise toute analyse. Non, c’est d’une part son irruption impérative dans le programme huilé de la fiction quotidienne (c’est l’heure des séries), et d’autre part sa plastique fébrile, vibratile et accidentée. Même si Hollywood joue de plus en plus avec cet effet de réel CNN pour convaincre, l’amateurisme brutal des images de l’attentat se démarque immédiatement de l’apocalypse plus lisible qui sous-tend nos après-midi (votre mission : sauvez la planète). Du rendu de l’événement, le son est étrangement absent. Ici : Musique de fond et cri du cœur (« oh my god, oh my god ! »). Nous le savions : partout dans le monde il y a toujours au moins une caméra qui traîne pour capter, traquer ( provoquer parfois ) la moindre anomalie dans le déroulement pacifié des choses. À New York à plus forte raison. La maladresse du filmage, l’incongruité du son signalent l’image comme intrusion du mythe dans la grille des programmes, ce flux ininterrompu que l’on ne perturbe que pour les grandes occasions. C’en est une apparemment ; le texte qui défile en bas se charge de confirmer notre intuition. Flottement inopiné du temps réel : une heure durant, la stupeur, mon manque de mots, laissent envisager la possibilité de l’Histoire, d’un changement à vue de la réalité mondiale. Les présentateurs médusés, improvisent l’immédiat balbutiant, pathétiques dans leur dérisoire réponse au défi de l’indicible, au vertige de l’inconcevable, au « no comment » du réel brut. Les médias n’ont pas besoin d’orthophonistes pour recouvrer la parole. Dés après, le déferlement des scénarios, la neutralisation de l’attentat par la multiplicité des lectures, mettront fin au silence de mort. L’événement gît déjà, enseveli sous l’inflation affolée des discours et la mise en boucle désincarnée de l’image. La cause pourra se dissoudre dans la prolifération des effets. Chacun devra tour à tour inventer l’origine évidente du crime, ses précédents et ses conséquences virtuelles, dans un brouhaha rassurant. Le trou d’air du destin dans l’hypnose médiatique sera comblé avec acharnement, quitte à convoquer le ban et l’arrière-ban des intellectuels de plateau, des starlettes du banal (et vous Loana, ça vous fait quoi ?), pour désamorcer par accumulation le surplus de sens ingérable. À part ça, tout semble rentré dans l’ordre implacable du virtuel… Quant à l’information, elle va achever de combler l’événement-trou par ses scénarios arborescents car rien ne peut plus nous arriver que l’impensable. Toute surenchère semble vouée à l’échec et aucune réaction ne pourra être à la hauteur du défi mythique. Le malheur n’estompera pas l’avènement fulgurent du mal pur . Et moi, je guette déjà en moi, autour de moi, les séquelles de cette aphasie fugace du spectacle, de cette irraison momentanée. Tom s’est assoupi. J’éteins la télé, épuisé. VINCENT DIEUTRE
Une pause-clope devant mon boulot. Je me souviens qu’il faisait très beau ce jour là. Le commerçant d’à côté m’a interpellé et m’a appris ce qu’il venait de se produire. C’était après le premier impact. Discussion. Une deuxième clope. Second impact. Puis l’effondrement des TT. J’ai beaucoup fumé ce jour là, jusque tard devant les infos. VIRGINIE KANDEL
J’étais justement dans un avion entre New-York et Paris, véridique ! Je l’ai appris quelques heures plus tard dans la cour de l’école…. J’ai alors compris la panique qui régnait à l’aéroport…. et la chance que j’avais eue d’avoir quitté NYC sur un coup de tête plus tôt que prévu. J’étais alors élève: école Claude Matthieu paris 18è.
J’ai atterri à Pris vers 11h, j’ai sauté dans un taxi (le seul sur terre qui n’écoutait pas la radio apparemment…), suis passé chez moi, pris une douche et ai filé direct en cours. Je tombe alors sur une amie « Tu es là toi? Tu devais rentrer mi septembre ? » Moi: « Ben non, avais envie de rentrer, 3 mois c’est long… » Elle: « En même temps tu fais bien, je viens de voir des images chez à la TV, y’a un avion qui a tapé un gratte ciel à NYC, il parait que c’est acte terroriste, j’avais des doutes puis quand j’ai vu le 2nd cogner la tour jumelle me suis dit que c’était sûrement vrai ». Moi « Mais non c’est des conneries, sûrement le trailer du prochain film Hollywoodien, j’en reviens tout va bien, puis ils sont total tarés là, la démesure ils adorent. Bon on monte? » Voilà… OLIVIER BOUDRAND
J’étais dans une boutique sur la côte d’Azur. JUJU THOMAS
J’étais à l’agence, rue greneta … « un avion est entré dans une tour » … « non, deux tours »… l’agence s’est vidée… internet était saturé … sur l’écran du centre de formations des journalistes, rue du Louvre (il y avait toujours des télés allumées en permanence), j’ai vu les tours s’effondrer… à côté de moi, des gens… tous, l’émotion… dehors, j’ai croisé Marie Lacire… on a parlé un peu… elle est entrée dans la boutique Yamamoto … je suis rentré… les télés en boucle : je me suis dit plus jamais ça, plus jamais je ne rentrerai regarder les télés en boucle. le lendemain, ce titre du monde, sublime : « l’Amérique touchée au coeur, le monde frappé de stupeur » (ou qqch comme ça). Daniel m’a dit : « on en a pour 10 ans » / dont acte. JULIEN THEVES
J’étais dans un bureau de la Sorbonne pour déposer mon sujet de thèse « Le mythe des villes maudites ». FREDERIC SAYER
11 septembre 2011
Zoé : Comprends bien que je profite juste de ma lecture pour te signaler des petits détails. Je ne peux d’ailleurs guère m’en empêcher, après avoir édité/corrigé des articles pendant des mois. Rien à voir avec le style, c’est-à-dire avec mon appréciation du roman.
p.6 : coquille : « première fois que j’écoute Wagner »
p.16 : emploi « à la française » de « Inch Allah », improbable chez un beur. En fait « Inch Allah » ne se dit jamais dans l’absolu, mais toujours après l’évocation d’un futur. Ex. « On se voit demain, inch’allah » ou « Tu vas étudier à la fac l’an prochain ? Inch’allah. » Tous les Français l’emploient ainsi, donc ce n’est pas grave en soi; sauf que Tarik fils de Jamal a peu de chance de le faire, lui.
Moi : Bon, Inch Allah, étant donné ce que tu me dis, je vais l’enlever.
Zoé : Ou bien tu l’enlèves, ou bien tu introduis une phrase entre « Je ne suis pas inquiet. » et « Inch’allah. », comme « Tout ira bien », « Ce ne sera rien ». Bon comme ici l’événement en question est la mort, je ne peux pas trop faire de suggestions, toi seul sais ce que tu pourrais intercaler.
Le truc, c’est que « si Dieu le veut » se raccroche toujours à une phrase (même prononcée par quelqu’un d’autre), toujours de caractère incertain. Il s’agit de rappeler humblement qu’on n’est jamais sûr d’ »avoir le droit » de vivre un événement heureux qu’on attend, voire tout simplement de vivre assez longtemps pour être là quand un événement quelconque aura lieu. Le dire à tout bout de champ relève de la superstition (il ne faut jamais dire qu’on attend un bonheur, pour se protéger du malheur). Certains vont très loin en ajoutant « inch’allah » même si tu leur donnes RV pour prendre un café dans un quart d’heure!
Alors qu’en France « inch’allah » est passé dans l’usage employé tout seul, comme synonyme de « on ne sait jamais ce qui arrivera », « on verra bien » ou quelque chose du genre.
Evidemment si Tarik n’a jamais entendu ses parents parler arabe, s’il n’a pas eu d’influence culturelle maghrébine, il peut l’utiliser de cette façon.
Moi : Merci, merci pour ton attention, c’est précieux ce que tu fais. Je vais l’enlever in fine.
11 septembre 2011
Venise, c’est l’écriture multiple, c’est le monde en miroir, c’est l’étouffante sensation d’être,
« il n’y a pas de hors Texte »
L’homme de science se promène dans un bois. Il n’a pas de bagage.
C’est mon père. Il a les larmes aux yeux
Mes voyages sans bagage, ce sont des voyages qui, je le constate, me mettent en rapport avec mon père ; ce qui est curieux car, lui, n’a jamais rien jeté – vous verriez les maisons, les terrains où il habite – et, pourtant, dans ces voyages où je n’ai rien, je suis à proximité de mon père
Venise, c’est un jeu pour moi
Venise, la ville de l’atopie. La ville est sa possible disparition – engloutissement, tour de main, ciel mer fumée – et toute la pierre et toute la vie disparue…
Pour moi, Venise, c’est un quartier de ma vie
Bien sûr, je suis venu pour voir de l’art, de la décoration, la ville en est, comme vous le savez, bourrée
C’est une sorte de pèlerinage
Les villes que je visite, ce sont des quartiers de ma vie, ce sont des promenades…
Dans des rues pleines de vent
Il y a la lune juste en face
Ecoutez, je n’ai absolument rien à dire sur Venise parce que – c’est ma manière d’aimer les villes – Londres, par exemple – c’est de les vivre sans avoir rien à en dire. Les villes sont des labyrinthes et je cherche à m’y perdre
Il y a un arbre, il y a un puit
Beaucoup de beauté, beaucoup de décoration à Venise…
Les villes sont implantées dans l’atmosphère
Le temps est éternellement septembre
Venise, c’est une sorte d’exposition universelle du catholicisme… Une église chasse l’autre… Où étaient logés tous ces gens qui peuplaient tous ces temples ? Ou alors n’étaient-ils peuplés que par Dieu (et tous Ses anges) ?
Certes, c’est une ville surchargée de décoration, si vous voulez…
Qu’est-ce que je fais en Italie ? Je regarde les filles qui passent en buvant du spritz
Qu’est-ce que j’ai fait à Venise ? J’ai regardé les filles…
Marie-Madeleine absorbée par la lecture
Le paysage comme des cheveux
La honte, le personnage de la honte…
Tout est disponible comme par jeu, la buée sur la joue
Devant la télévision dans laquelle entrent toutes les odeurs
Il voit encore le craintif lapin
Il cherche dans les poches de son jean le petit mot qu’il fallait le dire – et lui donne à avaler
Oui, je suis aller voir la biennale… écoutez, c’est une journée de perdu, vraiment
Ecoutez, je veux jouer la pièce de moi-même
Venise est, pour moi, une ville très ordinaire. C’est juste une ville ordinaire qui est très belle. Tout le monde peut en profiter. Le clochard vit dans un palais
Je voulais tout de ton sourire, de ton sourire – souffrir…
Ma mère, elle a de la chance, il ne peut rien lui arriver. Elle a bâti une muraille de Chine, elle a brûlé les livres… (Tout commence avec elle)
Aimer, c’est facile, tout ce bonheur…
« You don’t know what you’ve done »
« A la maison, jouons la sécurité »
Tout est réel, film réel. Se foutre de tout est se foutre de sa dépression
Je ne suis que l’un des acteurs
Avec mon ami le pigeon (que je tiens en laisse)
« If reality is eclipsed in the performance of itself, than the performance might as well be used and the effects of reality it produces might as well be put in operation. »
« abandoned materials »
La robe de mariée, lieu commun du bonheur…
« vanished hopes and forgotten dreams, unrealized utopias »
See No – Hear No – Speak No
« repellent society »
« sparing nothing »
« lack of escape routes »
« A closer examination reveals, however, the profound ambiguity of the work. »
« narrative maps of non-existent places »
« Ever since I was a child… »
Il y a ces trucs, il y a ces lumières. Il y a ces couleurs ou ces bouts de tissu. Les ordres et les chefs. Pluie d’intensités, la terre comme une étoile
Il y a ces palais déçus, il y a cette lumière déçue. Encore un jour qui se termine dans l’eau de septembre et le calme de septembre
en tendresse, en misère, en lumière
Respirare l’ombra
Gilded leaves
Verbal Asceticism
« Art deflects the certainty of seeing »
L’Ombre blonde, c’était le spectacle que nous devions vous présenter, Mathilde Monnier et moi
Une plainte immense d’une lecture faible
C’est dans mes prix, Venise. J’y vais en EasyJet, je dors à l’auberge de jeunesse, je mange dans la rue. Venise est une ville pauvre
Oui, la mélancolie, chose d’enfant. Je serre entre mes doigts le petit mouchoir (la serviette du McDo). Il y a peu de poubelles à Venise et peu de choses jetées par terre
Je suis juste amoureux de Venise, ce qui fait que, ce soir, je suis malheureux (je pleure) (une raison en chasse l’autre)
A mon âge, vous savez, on appelle plus ça l’homosexualité, on appelle ça l’amitié
Si ancien, si intact – et
Un passaggio attraverso una porta aperta
Venise-musée
La société, qu’on ne la voit pas ! Elle est proscrite, elle est discrète, elle ne se donne qu’aux initiés. Reste la rue. La rue est notre richesse, notre dépeuplement. Mais la rue trace parmi les traces des traces à demi ou presque effacées…
« Le biographème, c’est la fragmentation du sujet et la dispersion de son image dans le jeu et l’éparpillement de traits biographiques. »
Venise, la dispersion
« Car s’il faut que par une dialectique retorse il y ait dans le Texte, destructeur de tout sujet, un sujet à aimer, ce sujet est dispersé. »
Glisser dans la nuit
Il porte une montre, une bague. Il regarde sa montre…
« Alors, chais pas quoi faire, comment faire… »
Yves-Noël Genod